HISTOIRE

Ecole pilotage Hangar 1938 bernayEcole de pilotage 1939

henry boris

Henry BORIS et le Caudron Rafale

Le 10 août 1934, un groupe de bernayens comptant, parmi eux, quelques aviateurs de la Grande Guerre, dépose officiellement les statuts de Club aéronautique de l’Arrondissement de Bernay.

Grâce à leurs efforts et à leur dynamisme, on pose solennellement la première pierre de l’Aérodrome de Bernay Saint-Martin le 2 juin 1935 et l’inauguration a lieu en grande pompe le 28 juillet 1935 au cours d’une grande fête aérienne où figurent les plus grands as de l’époque.

Aidé dans un premier temps par la Société des Avions Caudron-Renault, l’aéroclub prend vite de l’essor sous la houlette du chef pilote Henry Boris qui va breveter de nombreux jeunes bernayens. Une section d’Aviation Populaire est adjointe à l’aéroclub en 1936, avec personnel et matériel, venant ainsi récompenser ses efforts. Un second hangar est construit

Le 28 juillet 1937, Boris bat les records du monde de vitesse sur 1000 et 100 kilomètres sur un Caudron Rafale à plus de 300 km/h. Il est porté en triomphe dans les rues de Bernay. A plusieurs reprises, le chef pilote de Bernay, se livrant une lutte amicale avec les grands recordmen de vitesse de l’époque, redeviendra détenteur de ces records au cours de l’année 1938.

A la déclaration de guerre, la section d’aviation populaire devient Escadrille école n° 21 de l’Armée de l’Air et continue son travail de formation des jeunes pilotes. Au cours de la Bataille de France, plusieurs groupes d’avions de chasse opèrent à partir de notre terrain tels le GC II/10 et le GC 1/145, ce dernier composé de pilotes polonais.

Pendant l’occupation, des travaux considérables sont effectués par les Allemands pour développer Bernay-Saint-Martin en direction de Champeaux, de la Pilette et du Malharquier. Durant toute la guerre des groupes de chasse, de bombardement, de reconnaissance et d’école de la Luftwaffe vont se succéder à Bernay provoquant plusieurs attaques et bombardements de la part de la RAF et de l’US Air Force. Avant d’évacuer l’aérodrome en août 1944, les Allemands procèdent à de nombreuses destructions.

Criblée de plus de 600 cratères de bombes qu’il va falloir reboucher à la pelle et à la brouette, travail de fourmi effectué par quelques bénévoles de l’Aéro-club, la piste de Bernay ne renaîtra vraiment de ses cendres qu’en 1947, les premiers avions venus de l’extérieur s’y posant enfin. L’aéro-club de Bernay, sans avions ni hangars, organise une section d’Aéromodélisme pour le jeunes en attendant mieux. Une souscription publique est même lancée avec succès auprès de la population ce qui permet d’acquérir d’occasion un Auster Autocrat de fabrication anglaise. De vieux baraquements en bois vont servir à abriter le matériel au fur et à mesure que l’aéroclub se reconstitue et, peu à peu, le Vol à Voile puis l’activité vol moteur redémarrent avec succès.

En 1949, Lucien Quérey, un enfant du pays issu de l’aviation populaire devient responsable d’un atelier régional d’entretien qui emploie une petite équipe de menuisiers et de mécaniciens. Il en profite pour se lancer dans la construction aéronautique et crée, au cours de années cinquante, la S A N (clic pour historique ) qui emploiera jusqu’à 80 personnes et fabriquera, au cours de ses 18 ans d’existence, près de 1000 avions de type Jodel. La qualité de ces machines, dont certaines volent toujours, ajoutée à des grands raids autour de la Méditerranée et à travers l’Afrique feront connaître la SAN et la Ville de Bernay partout dans le monde.

Quelques JODELS construits à BERNAY :

JODEL D 117

JODEL AMBASSADEUR

JODEL MOUSQUETAIRE

Documents extraits du livre de Bernard MIETTE '' Bernay Ciel d'Histoire''

Robert Géromboux, inventeur du premier poste VHF de petite dimension et d’un pilote automatique pneumatique pour avions légers, s’associe à Quérey pour créer sur l’aérodrome en 1955 sa société Radiostal, laquelle sera rachetée dans les années 70 par la société Crouzet-Badin puis remplacée par Projetel. Le 27 mars 1957, Géromboux réussit un raid Bernay-Alger sans escale sur un Jodel 117 tandis que son associée Françoise Feuillet se distinguera le lundi 16 septembre 1957 par un Bernay Tanger sans escale sur le même appareil…

Au début des années soixante, on matérialise deux pistes en herbe: la 09/27 et la 35/07 en lieu et place du «champ d’aviation». Le profil bombé du terrain dont le sommet se trouve à l’intersection des deux pistes facilite grandement l’écoulement des eaux pluviales. L’aérodrome reste donc praticable en toute saison.

En 1980, l’aérodrome fut complètement modifié dans le but d’un remembrement des parcelles qui constituaient la piste. Les utilisateurs du terrain se retrouvent donc avec une nouvelle piste, la 10/28.

Au cours des années cinquante et soixante, l’aéro-club a acquis patiemment hangar et avions et les pilotes bernayens remportent de beaux succès en participant à des courses et rallyes nationaux et internationaux. (Rallye de l’Yonne, de Sicile, des Dolomites, d’Abidjan etc…) tandis que les vélivoles du club disputent avec succès les Coupes Feuillet, Bréguet où ils accumulent les kilomètres en planeur.

L’école de pilotage, animée bénévolement par Lucien Boulier, forme de nombreux adeptes et se développera encore plus au cours des décennies suivants par l’action d’autres instructeurs bénévoles: Bernard Miette, Gérard Delabranche et plus récemment José Valmier. Les bas prix pratiqués à l’heure de vol grâce à ce bénévolat, permettront à de nombreux jeunes d’apprendre à piloter et pour certains, de faire carrière.

En 1977 une section voltige sera créée au sein de l’aéro-club autour d’un CAP 10 tout neuf. Au cours des trente années suivantes, elle formera de nombreux pilotes de voltige dont certains brilleront par la suite dans les compétitions nationales et internationales.

En 1968, Auguste Mudry, qui dirige un atelier coopérative à Beynes, décroche une commande importante de l’Armée de l’Air et se porte acquéreur de la SAN dont les locaux et le personnels vont lui permettre la fabrication en série du biplace d’école de voltige, le CAP 10. Au cours des années suivantes, la société des avions Mudry installée définitivement sur l’aérodrome de Bernay, va acquérir une réputation mondiale par la qualité de ses produits et le savoir faire unique de ses compagnons. Elle donnera aux champions français les machines de pointe qui leur permettront, tout au long des années 90 de tenir les plus hautes marches du podium. Un incendie d’origine criminelle, survenu en 1997, sonnera hélas le glas de l’usine. C’est la fin d’une belle aventure qui avait apporté à la France une pluie de médailles d’or.

Au début des années 70, la société Mudry s’appelait encore CARP et, en tant que tel, avait participé à la construction en série du planeur de performance tout plastique LS1.

Les connaissances ainsi acquises dans le domaine des matériaux composites lui permettront de sauver les planeurs biplaces Bijave en renforçant leur longeron par apport de fibres de verre. A l’époque, ces planeurs représentaient en France 80 % de la flotte école… Aussi l’action de Mudry fut elle déterminante pour la relance du Vol à Voile français d’autant plus que la modification était rapide et peu coûteuse. Cette expérience se retrouvera vingt ans plus tard, avec des connaissances encore plus élaborées, dans la confection d’ailes tout plastique pour les monoplaces de compétition voltige CAP 232.

Aujourd'hui, outre la formation de nouveaux pilotes et de l'investissement sans égal de ses instructeurs:

Jean Pierre BOUFFAULT - Guy LEMAITRE - Philippe de POTIER - Patrick FRANCOIS - Dominique BELHACHE ,

l'aéroclub de Bernay continue de porter haut et fort les couleurs de sa ville.

Toujours animé par des bénévoles passionnés, ce terrain à la longue et belle histoire ne doit pas disparaître.

 
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